Aprilia RSV4, une SBK pour la rue

Aprilia RSV4, une SBK pour la rue

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La RSV4 version Factory est basée sur la moto championne du monde, conçue pour être la plus rapide sur circuit grâce à une partie cycle de première qualité, un équipement électronique impressionnant, et un moteur surpuissant.

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Tous ses arguments ne sont pas vraiment utiles sur route, mais cette Aprilia a quelque chose de plus que les autres. Nous analysons aujourd’hui la réplique de la SBK championne du monde avec Max Biaggi, en dehors de son territoire: les rues et les routes seront notre piste d’essai.

Son électronique destinée à réduire les temps, sa grande capacité de réglage et une telle radicalité sont-ils vraiment indispensables à une conduite sur route?

Les motos conçues pour être les meilleures sur circuit sont souvent des motos trop extrêmes pour une utilisation en dehors de ces circuits. Cependant cette Aprilia nous a surpris. La RSV4 préfère évidemment les bons asphaltes, mais elle garde un bon maintien sur les routes de montagne ou les routes secondaires plus accidentées.
Je m’apprête à tester cette moto sur 200 km de routes de tout type. Une fois assis sur cette RSV4 APRC, la première chose que je remarque est sa petite taille. Tout est à portée de main, le guidon est proche, les jambes sont très serrées grâce à l’étroitesse du réservoir et la selle est très large. Cette liberté de mouvements est peu habituelle sur une moto aussi compact et purement sportive.

Au démarrage, j’apprécie la délicieuse sonorité de son V4. Lorsque je passe la première, je suis surpris par le silencieux de la boite de changement de vitesses. Ce changement semi automatique AQC (Aprilia Quick Shifter) est très simple d’utilisation. Le système fait varier le temps de coupure en fonction du régime du moteur: à faible régime il agit plus lentement pour faciliter l’engrenage, et lorsque la moto monte dans les tours, le temps est réduit.

Au bout de quelques kilomètres, je constate que la position de conduite ne fatigue pas trop. La protection aérodynamique est un peu inconfortable, elle protège peu du vent, mais elle est suffisante si on ne dépasse pas les 110 km/h.

Sur les voies rapides, le moteur est facile à gérer, il n’est pas nécessaire de vérifier l’aiguille du compteur continuellement. Les ordres à la manette de gaz sont très précis. Pas de vibrations dans le guidon, ni dans les pédales: le moteur tourne très finement même à haut régime. Le rugissement qu’il émet est un vrai plaisir et il n’est pas du tout gênant. Il hurle seulement lorsque l’on force les rapports. Sur routes secondaires, son maintien et son contrôle à faible vitesse sont surprenants.

Agile, précise, dosable. Ce sont quelques unes des qualités qui font de cette réplique de la championne du monde de SBK une moto adaptée pour les déplacements sur routes.

Mis à part son excellente partie cycle et son excitant moteur V4, cette APRC se différencie des autres sportives de dernière génération grâce à son contrôle de traction sophistiqué. La technologie passe aujourd’hui obligatoirement par l’électronique. Aprilia l’a bien compris, et a consacré beaucoup d’efforts à faire évoluer ses systèmes, comme la manette de gaz électronique ride by wire ou le contrôle de traction ATC (Aprilia Traction Control) présent sur cette version Factory. Cette version de la RSV4 est équipée d’un package électronique APRC (Aprilia Performance Ride Control). Ces aides électroniques de dernière technologie étaient réservées jusqu’à maintenant aux motos de GP. Le contrôle de traction ATC va plus loin que la concurrence, il ne se limite pas à réduire le couple moteur en cas de glissement de la roue arrière, comme les autres contrôles de traction. L’ATC permet de contrôler le dérapage en sortie de virage, en augmentant la sensibilité du contrôle de l’accélérateur en fonction de l’angle d’inclinaison de la moto. Est-ce utile sur route? Oui, car avec une moto avec de telles performances, toutes les mesures de sécurité sont les bienvenues, et encore plus si elles fonctionnent comme celles de la APRC.

Les huit niveaux d’intervention m’ont permis de régler le contrôle au point juste. Il se sélectionne grâce à deux boutons situés à coté de la manette gauche. Avec le contrôle réglé au niveau huit, le plus sensible, si on accélère dans une sortie de virage avec la moto assez inclinée, le témoin lumineux sur le tableau de bord s’allume pendant plusieurs secondes pour nous signaler que le système est en train de fonctionner, pour éviter tout glissement. Si on ouvre les gaz dans un virage plus ouvert avec moins d’inclinaison, le contrôle agira moins longtemps. Le niveau cinq est un bon compromis pour circuler sur route avec un bon asphalte. Le contrôle de traction interviendra seulement lorsque cela sera réellement nécessaire. La coupure de l’injection est très subtile, elle ne se note presque pas, le moteur continue à pousser avec force, mais d’une manière différente, avec moins de rage. C’est un contrôle de traction efficace, et je pense que sur route il fonctionne à merveille.

En plus de toutes ces aides de traction, le système APRC comprend un contrôle antiwheelie très efficace. Avec ce système, vous pourrez accélérer et profiter de tout le potentiel du moteur, sans que la roue avant ne se soulève de plus de quelques centimètres.

D’autres points sont à souligner, comme le fantastique tableau de bord, très complet pour une moto sportive. Un inconvénient tout de même: la moto n’est pas adaptée pour accueillir un passager, mais il existe un kit en option comprenant un repose-pieds et une selle. Les rétroviseurs sont à améliorer, ils sont très beaux et aérodynamiques, mais peu pratiques au quotidien…

A une époque critique pour les grandes SBK de rue, Aprilia a su créer un modèle radical mais adapté à une utilisation sur route, équipée d’un électronique de compétition utilisable aussi en dehors des circuits. Cette RSV4 surprend par son comportement exemplaire aussi bien sur piste que sur route. Elle n’est pas championne du monde pour rien…

Traduit et adapté de SOLOMOTO par Pauline Balluais