BMW HP2 Megamoto: La supermotard qui voit les choses en grand

BMW HP2 Megamoto: La supermotard qui voit les choses en grand

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L’arrivée de nouveaux modèles de supermotos devrait réjouir les amateurs car ils sont amusants, polyvalents et demandent peu d’entretien…par contre ils ne sont pas particulièrement économiques ; c’est en effet le cas de cette nouvelle BMW HP2 Megamoto.

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La marque bavaroise a mis le meilleur du meilleur dans ce modèle, et s’est basé sur sa création boxer la plus sophistiquée, l’endura HP2, qui est livrée à ses propriétaires avec un jeu supplémentaire de roues pour asphalte, car c’est réellement une moto conçue pour la campagne. La Mégamoto est dessinée à 100% pour une utilisation sur asphalte. Quelles sont les meilleures suspensions pour ce milieu? Les Öhlins. Pour cette moto la marque de Munich a laissé de côté ses habituelles suspensions alternatives, comme le Telelever ou le Duolever, et a eu recours à une traditionnelle mais efficace fourche inversée de la marque nordique. De plus, à l’arrière, à la place de l’amortisseur hydropneumatique de la HP2, un Ölhins mutli ajustable se charge de contrôler le bras oscillant -cardan Paralever. Les freins ne suivent pas la mode des étriers à ancrage radial, et se passent de l’ABS et du critiqué servofrein. Le double phare -identité de la marque- vient de la Xmoto, comme le fait de ne pas offrir en série les pédales et les poignées. L’efficacité sur route de la nouvelle BMW est impressionnant. Un silencieux à double sortie Akrapovich indique que cette Mégamoto est sérieuse, de plus elle dispose de deux bouchons facilement retirables… La preuve que le supermotard est à la mode:en peu de mois nous avons été envahis par de nouveaux modèles, venus spécialement d’Europe: KTM 950 Supermoto R et 690 Supermoto, BMW 650 Xmoto, Ducati Hypermotard… Les strictes normes de trafic qu’on est en train d’imposer sur le Vieux Continent ont sans doute joué un grand rôle, comme le reflète le manque d’intérêt pour les ventes de motos hypersportives.

La Mégamoto a été conçue pour et par des individus grands et costauds. D’ailleurs le testeur de la marque, Markus Theobald, est de ceux qui déjeunent de biftecks crus et qui pourraient jouer au football américain comme défenseur. Lorsque vous montez -ou que vous vous couchez- sur la Mégamoto, vous avez l’impression que tout est de taille XXL. Un conducteur de taille limitée (1,70m) arrivera à atteindre le sol sur la pointe des pieds seulement. Heureusement, la selle n’est pas très large et le poids est réellement contenu malgré son volume: 192 kg réels et 205 kg en marche, ce qui n’est pas beaucoup… pour son petit réservoir de 13 litres. Un point à souligner: si le tableau de bord est clair, juste, et sans ordinateur de bord en série, il a déjà été vu et revu. Une moto qui vaut 19000 euros devrait pouvoir proposer mieux. La concurrence l’a fait, et à un prix moindre… Une fois en marche, vous vous rendez compte que cette moto est très agile. La facilité avec laquelle on fait les changements de vitesse est exemplaire, et due à son faible poids, son large guidon, ses jantes légères et les sportifs Michelin Pilot Power. Cependant, à faible vitesse et surtout en ville, la direction est trop légère et a tendance à se fermer, conçue sans doute pour une utilisation sur route. Dans les grandes villes elle surprendra beaucoup car elle tourne bien malgré sa fourche inversée, ce qui contribue à son léger poids et à la docilité de son moteur. Par contre, sa hauteur rendra plus difficiles les manœuvres. L’embrayage est modulable et facile à utiliser en ville.

Nous mourrions d’envie de nous lancer dans les virages sur cette moto. Pour avoir les meilleures références, nous sommes allés sur nos habituelles routes régionales, peu fréquentées. Avant cela, nous sommes passer par l’insurmontable tronçon d’autoroute, qui nous a démontré que cette BMW récupère bien en sixième (comme elle accélère bien dans cette marche à peu de tours.). Il y a quelques vibrations mais pas exagérées, la stabilité à grande vitesse est impeccable (les Ölhins y sont pour beaucoup) et le masque du phare dévie l’air plus qu’il n’y paraît, ce qui nous permet de circuler plus rapidement que prévu. Arrivés sur nos routes sinueuses, à tous types de virages et d’asphaltes, nous avons apprécié les suspensions qui absorbent parfaitement les irrégularités de l’asphalte. Nous sommes passés sur des ornières en plein virage et à toute vitesse… et nous n’avons rien senti! Les roues restent collées au sol, au lieu de sauter ou d’osciller et de nous sortir de la trajectoire. Cependant, avec les réglages de série, la fourche nous a paru plus dure que l’amortisseur arrière, ce la rend un peu déséquilibrée. Dans tous les cas, rien qui ne soit pas ajustable. La rapidité du balancement et des changements de direction est très bonne, même si la moto n’est pas aussi agile que certaines de ses concurrentes. La raison est la grande distance entre les axes, de 1,615 mm, presque 200 mm de plus qu’habituellement sur ces motos. Chez BMW on a sûrement préféré s’assurer de son contrôle facile, puisque le moteur a beaucoup de jus. Il y a beaucoup de couple moteur disponible, mais aussi une excellente traction et ce n’est pas facile de la faire déraper avec la vitesse. Nous pensons que l’excellent amortisseur y est pour beaucoup. Une moto qui circule comme celle ci doit savoir bien freiner, ce que fait la Mégamoto. On se passe des étriers radiaux, mais ce n’est pas un obstacle à un bon freinage dosable. Les étriers radiaux ne sont pas indispensables, même si comme nous l’avons dit précédemment, sur une moto à ce prix, on attend le meilleur des équipements. Nous pensons que la Mégamoto est la meilleure boxer de route que BMW ait jamais fabriquée. Son comportement est idéal, et vous pouvez rouler très rapidement, mais elle est également très sure. Cependant, elle devra évoluer dans une catégorie de plus en plus nombreuse et avec des rivales de grande envergure, très bien équipées… et beaucoup plus économiques, ce qui est le principal inconvénient de cette moto.

Jordi Aymamí Photos: Santi Díaz Traduit et adapté par Pauline Balluais