Benelli TNT 1130: L’éclat italien

Benelli TNT 1130: L’éclat italien

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Benelli démontre ses compétences en lançant cette surprenante naked aux performances sportives, avec un moteur puissant à bas régime, une partie cycle similaire à celle de la Tornado et une esthétique audacieuse.

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Nous sortons en moto de l’hôtel de présentation et nous traversons la charmante ville médiévale de Gubbio, dans le centre de l’Italie. Nous devons ressembler à une troupe d’envahisseurs venue d’une autre planète, en circulant entre les anciens édifices en pierres sur des motos qui évoquent des insectes aux couleurs brillantes. La nouvelle naked tricylindrique de Benelli est vraiment singulière. Son agressif profil multilinéaire, son moteur à trois cylindres exposé et le son sourd de son échappement, en font la moto la plus visuelle et remarquable de l’année.

Après sa reconversion en fabricant de superbikes avec la sportive Tornado, il était prévisible que Benelli élargirait sa gamme avec une tricylindrique naked. Étant donné le design et la structure si imaginatifs de la Tornado, on s’attendait à une nouvelle moto débordante d’idées nouvelles, et qui ne serait pas une simple Tornado dévêtue. La TNT- appelée d’abord Tornado Tre et rebaptisée ensuite avec les sigles de l’explosif chimique trinitrotoluène- a beaucoup fait parler d’elle après sa première présentation mondiale. Elle a hérité de la Tornado la structure basique de son tricylindre à 12 soupapes refroidi par liquide, et un design de cadre qui combine des tubes en acier avec des pièces d’aluminium fondu sur le pivot du bras oscillant et la colonne de direction (qui se vissent comme sur la Tornado).

Cependant, on a changé presque tout les autres composants, et donné à la TNT une esthétique audacieuse et caractéristique. Si nous cherchons des ressemblances avec d’autres motos, on pourrait peut être trouver des similitudes dans la MV Augusta Brutale. Chaque composant, depuis la bulle jusqu’à la selle et le silencieux élevé, a été consciencieusement conçu pour offrir un résultat impressionnant. Adrian Morton, le jeune designer en chef britannique de Benelli, a contribué au design de la Brutale lorsqu’il travaillait au CRC (Cagiva Research Center) sous les ordres de Massimo Tamburini, et il semble qu’il partage avec son maître le souci du détail.

On retrouve des changements techniques sur le moteur tricylindrique DOHC, dont la cylindré a augmenté de 899 à 1131 cc grâce à l’augmentation du parcours. Même si le cadre principal est le même que celui de la Tornado, le sous cadre est composé d’une nouvelle unité en aluminium d’une seule pièce. En revanche, le bras oscillant a abandonné l’aluminium pour adopter une structure tubulaire en acier. Autre différence avec la Tornado: la disposition du radiateur, qui au lieu d’être placé sous la selle se dédouble en deux unités placées de chaque coté de la moto. L’air arrive au radiateur grâce à l’original design du carénage, avec ses deux panneaux en forme de pointe de flèche qui accueillent les clignotants.

Nous trouvons aussi une petite bulle en plastique sur le phare proéminent à six lentilles. Le petit écran fumé a des fins plus esthétiques qu’aérodynamiques, et le conducteur -assis à 780 mm du sol, 20 mm plus bas que sur la Tornado grâce au changement de radiateur- subit le manque de protection d’une naked. En face on trouve un guidon d’une seule pièce, légèrement élevé, les extrémités de la fourche inversée Marzocchi et le tableau de bord du style Tornado, avec un compteur de vitesse et deux sphères noires analogiques (compte-tours et température). Lorsqu’on la démarre, la TNT révèle tout son caractère. La clé de contact est de couleur noire et comprend un bouton métallique. Lorsque l’on appuie dessus, la clé apparait comme la lame d’un couteau automatique. Au début, il est difficile de l’introduire dans le contact, caché derrière les belles formes du réservoir.

Après avoir appuyé sur le bouton d’allumage, le moteur répond avec un son tricylindrique menaçant et débordant de caractère, qui nous décroche un immense sourire de satisfaction. Ce moteur offre une puissance maximale un peu inférieure à celle de la Tornado, puisqu’on annonce une vitesse de pointe de 135 CV à 9250 tr/min, alors que sa sœur sportive produit 143 CV à 11500 tr/min. En revanche, on a amélioré ses performances à bas régime. En sortant de Gubbio et en circulant sur une route ouverte, la Benelli s’est montrée étonnamment flexible.

La terrible accélération à faible vitesse est accompagnée, passés les 5000 tr/min, d’un fantastique rugissement venant de l’échappement, qui est équipé d’une soupape type Exup. En relâchant les gaz même en dessous des 3000 tr/min, la moto reste lancée vers l’avant presque sans effort, avec une flexibilité appréciable face à une série de virages très fermés, presque aveugles, entre les montagnes. On ne ressent pas de sauts dans la remise de puissance, mais seulement un flux continu de couple brut à moyen régime et jusqu’à la ligne rouge des 9500 tr/min. Le seul point critiquable est le répondant un peu brusque du système d’injection, à l’ouverture et à la fermeture de la commande de gaz. On le note surtout dans les virages plus lents et fermés, qu’il faut passer en première vitesse, mais ce n’est pas un problème si on gère la poignée de gaz avec douceur. La boite à six vitesses fonctionne avec souplesse, même s’il est parfois compliqué de trouver le point mort. Un grand moteur qui présage un grand futur pour les prochains modèles…

Traduit et adapté de SOLOMOTO par Pauline Balluais