BMW R 1200 S: Allemagne, 12 points

BMW R 1200 S: Allemagne, 12 points

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Les lignes de la nouvelle sportive de BMW la démarquent du modèle antérieur. Ses formes sont plus anguleuses.

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La division Motorrad a été capable de réaliser le moteur boxer le plus puissant de la longue histoire de la marque de Munich. Elle l’a destiné à la nouvelle R 1200 S, une moto qui non seulement compte 100 cm³ de plus que la précédente, mais qui en plus est beaucoup plus belle et légère. Prête à affronter les motos sacrées italiennes. Si ce n’est pas douze, c’est au moins dix points, que BMW recevrait si elle se présentait à un hypothétique concours européen avec cette nouvelle R 1200 S. Dans sa catégorie, bicylindrée à hautes performances, elle obtiendrait les applaudissements du public. Classe, technologie, et finesse accréditerait sa candidature, alimentée de plus par des performances et un comportement exemplaires. Des pays comme la France ou l’Allemagne, et même l’Italie n’hésiteraient pas à lui donner le maximum de points (douze points, comme pour l’Eurovision), étant donnée l’éternel penchant de ses voisins pour ce type de motos. Et surtout pour ce type de moteurs.

En marge de la belle Hypermotard, l’étoile de Ducati au dernier Salon de Milan -dont le stand était contiguë à celui de BMW- était la S4RS, déjà en vente actuellement. En même temps Bimota nous livrait la DB6 Delirio, un design du jeune Sergio Robbiano dérivé de la sportive DB5. Aprilia la Tunon 1000 R, Moto Morini la Corsaro 1200…L’Italie comptait un book de naked bi millénaires très enviable. Avec la R 1200 S, BMW a réussi à entrer dans ce concept de moto. Et il l’a fait à sa manière, en s’introduisant dans une catégorie de prestige qui peut lui rapporter d’importants bénéfices. De plus la marque l’a fait en respectant la vénération et le culte portés par les utilisateurs du modèle R 1100 S. La nouvelle R 1200 S complète la saga, et dépasse l’ancien modèle, bien que ce ne soit pas comparable à cause des années qui séparent les deux boxers. Sans oublier que la diversification des modèles de la marque allemande est de plus en plus étendue. Il faut simplement observer les nouvelles F 800 S et ST, présentes elles aussi dans ce numéro de SM30. Aucun motard accompli ne s’en plaindra.

Le propulseur 1200 qui équipait pour la première fois la GS, présentée précisément en Afrique du sud il y a deux ans, apporte beaucoup. Une quantité de modèles en a bénéficié ces deux dernières années (R 1200 RT, ST, GS, GS Adventure, HP2 Enduro,..). Il a su s’adapter à chaque style de moto, et les ingénieurs de BMW ont obtenu de lui les performances désirées. Dans le cas présent, nous nous trouvons devant le moteur boxer de série le plus puissant de l’histoire de la marque, capable de fournir 11,7 kgm de couple à 6800 tours/minute et 122 CV à 8250 tours/minute! C’était vraiment incroyable de voir comme il montait dans les tours, jusqu’à couper l’injection près des 9000 tours. Ceci s’explique par le travail réalisé sur la partie thermodynamique du propulseur et de l’injection, avec des détails comme les pistons flambants neufs à haute compression, qui établissent maintenant la relation de compression en 12,5:1. Le remaniement des culasses, avec des nouveaux arbres à cames plus sportifs et à plus grand parcours pour les soupapes, qui de plus sont actionnées de façon plus ferme et précise. Ceci fait que les ressorts de ces soupapes et les bascules des arbres à cames, ainsi que les deux biellettes, ont du être renforcées. L’injection électronique a aussi été réajustée et même si elle n’engendre pas d’économie de consommation remarquable –on a préféré faire primer la sportivité-, sa dépense reste raisonnable. Dans tous les cas, la R 1200 S ne manque pas de couple. Je suis arrivé à cette présentation après avoir assisté la semaine dernière à celle de GS Adventure, une brute avec le même moteur mais qui nécessitait beaucoup plus d’impulsion à bas régime. Ce qui fait que je suis arrivé à la ville du Cap un peu conditionné.

Les routes d’Afrique du Sud sont un délice: des courbes, un asphalte, et une signalisation impeccables, et des bains à 25°C de température. Même si à titre personnel, ce que j’ai apprécié le plus a été la population des alentours, cordiale et toujours aimable. Des conditions excellentes donc pour calibrer le comportement de la moto avec le boxer les plus puissant de la famille. Il faut préciser que nous les avons essayé toute équipée, avec tous les extras sportifs proposés. En roulant à plus de 160 km/h sur l’autoroute il n’est nécessaire d’adopter une position particulière car la bulle est efficace. Il ne faut pas oublier que la R 1200 S est une des motos les plus sportives de BMW, même si le confort est toujours présent. Elle est équipée d’un système de suspension Telelever à l’avant et Paralever à l’arrière, synonyme de confort et de fiabilité à tout moment. Nous les avons de plus testées avec le kit de suspension Öhlins en option. Peut être que la selle, peu moelleuse et avec du tissu dérapant pour faciliter les mouvements sur la moto, n’est pas parfaite mais elle reste confortable pour une moto sportive. Pour le reste, la distance avec le guidon est parfaite car il est situé à une hauteur prudente, de sorte qu’il est possible de couvrir de larges distances sans fatiguer. Ensuite vient la souplesse. Souplesse de fonctionnement, sans vibrations malgré son caractère sportif. Les cames de l’embrayage et du frein avant (tous les deux hydrauliques) requièrent le minimum d’effort, comme le levier de changement de vitesse et le frein arrière. Dans les premiers moments de l’essai, en passant de la première vitesse au point mort à l’arrêt nous allions sans le vouloir jusqu’à la seconde. Les pédales peuvent paraître élevées pour quelqu’un de ma taille, mais la taille de guêpe de la selle près du réservoir apporte une situation très commode pour les jambes. D’habitude je souffre des adducteurs mais avec elle je ne les ai pas senti. Pour les prochaines éditions, BMW devrait penser à incorporer un indicateur de niveau de carburant. Le tableau de bord est très complet: cette information est la seule qui manque. De plus, sans lui son image de routière est cassée, car même c’est une BMW sportive, toutes les BMW sont avant tout des routières.

Dans le programme de la présentation internationale de la R 1200 S figurait aussi un tour de circuit. Après l’avoir essayée sur route pendant 150 km et l’avoir mitraillée de photos en pleine action (de fait, chapeau à Alberto Martínez, le photographe chargé du groupe d’espagnols: un douze pour lui aussi). Le circuit de Killarney, à une quinzaine de kilomètres de la ville du Cap, n’est pas très grand, et comprend un tracé à cinq virages à droite et trois à gauche. Dommage qu’ils n’aient dessiné aucune chicane pour tester l’agilité de cette R 1200 S à grande vitesse. Sur le reste du parcours, cependant, elle n’a démérité à aucun moment. Il faut savoir que toutes les unités présentées en Afrique du Sud venaient avec la suspension sportive Öhlins- très bien mise au point- et le pneumatique arrière de 190 mm, deux éléments qui sont en option. Moi qui ne suis pas un habitué de ce type de terrain, je me suis risqué à finir la ligne droite d’arrivée à toute vitesse, à freiner à fond et à rentrer dans la courbe en serrant les dents; une manœuvre qui sur route avait dégénérée. Mais avec une moto comme celle-ci, qui ne plonge pas vers l’avant et est très ferme à l’arrière, l’action s’est finalement finie en passage de virage plus que correct. J’ai aimé le freinage, qui n’utilise pas l’ABS. Cependant celui qui le souhaite peut se procurer la moto avec ABS inclus… mais un système ABS déconnectable pour les situations très sportives. Ne demandez pas au cardan de faire des miracles. Il fonctionne à merveille en conduite sportive sur route, et encore plus en faisant du moto-tourisme, mais sur circuit, il provoque un léger balancement vers la droite lorsque l’on coupe les gaz et qu’on réduit les vitesse à hauts tours, et ce jusqu’au moment de s’incliner pour faire face au virage, moment où il revient sur ses rails. En décélérant, en ligne droite, la R 1200 S ne fait aucun mouvement qui pourrait nous effrayer. Il faut souligner enfin que la distance au sol est adéquat.

Traduit et adapté par Pauline Balluais