La Yamaha XJ6 Diversion F: identique? Non, meilleure 2011

La Yamaha XJ6 Diversion F: identique? Non, meilleure 2011

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La troisième version de la saga XJ6 améliore le concept Division. La Division F est aussi efficace que les deux versions précédentes, et son carénage complet aide à optimiser la protection aérodynamique ainsi que la qualité de conduite.

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Certains peuvent penser que la nouvelle Yamaha XJ6 Diversion F n’est rien de plus qu’une XJ6 à laquelle on a ajouté un carénage intégral. Dans un sens ce n’est pas totalement faux: la base pour les trois versions est la même (cadre, freins, suspensions, moteur, etc.). Elles se distinguent seulement par leur nom et leur carénage : carénage intégral, semi-carénage ou absence de carénage.

Mais il ne fait aucun doute que la Diversion F offre quelque chose en plus que les deux autres n’ont pas : la protection aérodynamique totale -à la différence de la Diversion sans F-, puisqu’en plus du tronc, les jambes du conducteur sont désormais protégées, et seules ses épaules restent soumises aux intempéries, car l’écran est un peu étroit.

Il nous semble admirable qu’une marque offre trois produits différents, trois possibilités à choisir à partir d’une même moto. Qu’une marque diversifie son offre pour contenter le plus grand nombre de clients possible. De plus, la Diversion F peut se vanter d’avoir le design le plus attractif des trois.

La marque de Iwata n’a pas jugé nécessaire de retoucher la dernière des XJ6, car cette série fonctionne vraiment bien.

Sa maniabilité est l’une de ses principales forces. Le rayon de tour est très court, les manœuvres sont minimes et la hauteur de la selle n’est pas trop élevée (785 mm). Avec les formes étroites de la selle, il n’est pas nécessaire d’ouvrir les jambes et on peut poser les deux pieds sur le sol facilement. Le poids réel, de 205 kilos, est un peu plus élevé que sur les deux autres XJ6, mais il est facile de la déplacer à l’arrêt, et encore plus à faible vitesse.

Ce qui attire notre attention sur ces motos japonaises, c’est leur compacité. La distance entre les axes est courte, 1440 mm, et le triangle formé par le guidon, les pédales et la selle est assez fermé. Je mesure environ 1,75m, et je m’ajuste bien sur la selle de la Division F; c’est une moto confortable. Mais peut être que les conducteurs qui dépassent les 1,80m ne seront pas du même avis que moi. Ils auront une position un peu plus contractée que sur d’autres naked de la catégorie. Il faut ajouter que le guidon est réglable, et que l’on peut l’éloigner ou le rapprocher du conducteur.

La position de conduite naturelle, un peu étirée sur l’avant si on la compare avec celle d’autres sport-tourisme, facilite une conduite plus ou moins sportive. Le guidon n’est pas large, et il est facile d’utiliser le levier dans les changements de direction pour déplacer la moto d’un coté à l’autre. Le pneumatique arrière de 160 mm de section contribue en grande partie à son agilité.

Redressé vers l’avant, et avec le carénage intégral sur la partie frontal, on charge le poids sur le train avant de la Diversion F. On la sent assez stable. La fourche conventionnelle et non réglable n’est pas un problème, et ce modèle se montre stable et d’un bon aplomb dans toutes les situations. Seul l’amortisseur arrière provoque un mouvement étrange si on force un peu la moto, ce qui est dû en grande partie à son manque de progressivité. Avec un système de biellettes, le problème serait résolu. Le freinage, comme la fourche et le système de suspension postérieur, est conventionnel, c’est-à-dire sans étriers radiaux ni disques de grand diamètre. Malgré tout, le tact et l’efficacité des freins sont assez bons. La Diversion F, comme les autres XJ6, freine très bien.

Autre chose qui nous a surpris sur la Diversion F, en plus de ses bonnes finitions: sa souplesse. Tout fonctionne de façon très fine, depuis le tact du moteur et de l’accélérateur jusqu’à celui du levier de vitesses. Le fonctionnement de ce levier nous est lui aussi remarquable par son comportement presque sportif, et un parcours court, comme l’embrayage; les vitesses s’engagent parfaitement et sans efforts, même à grande vitesse.

Enfin, l’un des meilleurs secrets des XJ6 est leur moteur de 600 cc, 78 CV et 5,8 mkg de couple. Ce quatre en ligne se distingue à partir du moyen régime, avec un fonctionnement impeccable, presque électrique – grâce à la douceur et l’instantanéité de la remise de puissance- et même très excitant.

A bas régime, en revanche, il laisse un peu à désirer. C’est le cas d’une bonne partie des Yamaha sportives de moyenne cylindré. Dans les hauts régimes, la poussée de puissance est enragée et prodigieuse, mais dans les bas régimes on ne trouve presque rien, le moteur semble presque vide et il faut monter dans les tours pour qu’il réponde. Malgré ce manque de mordant, la Division F est une moto facile à conduire, qui ne mettra pas les conducteurs peu expérimentés dans une situation difficile. Et si vous souhaitez courir, il suffira de la monter dans les tours.

La Yamaha XJ6 Diversion F est, évidemment, la plus chère des trois XJ6. Son prix est de 7949 euros. Pour la version équipée du système de freinage anti-blocage ABS, il faudra débourser 9799 euros.

Ces montants s’expliquent par la qualité des finitions de la Diversion F, du soin et du travail apportés par Yamaha sur ce modèle. Peu de marques peuvent se vanter aujourd’hui d’être au niveau de Yamaha. Ainsi, comme le dit le titre, la Diversion F semble être identique aux deux autres XJ6, alors qu’en réalité elle est bien meilleure.

Traduit et adapté de SOLOMOTO par Pauline Balluais