Moto Guzzi Bellagio: La perle noire 2007

Moto Guzzi Bellagio: La perle noire 2007

pub-haut

Les bons résultats de la mondialisation Piaggio, actuel propriétaire de Moto Guzzi, ont réussi à revitaliser la marque de Mandello de Lario, qui nous surprend avec un nouveau produit : la Bellagio.

pub-haut

La Bellagio, que nous avons réussi à tester durant une courte journée sur les routes sinueuses des alentours du village homonyme, est une grande surprise pour ceux qui suivent de près le monde des customs. Cette moto apporte du sang neuf sur le marché national. Son concept est simple et double : custom et naked sportive à la fois, avec des détails esthétiques très agréables. Parmi les plus remarquables, la partie cycle et le guidon, formé par une seule pièce en acier chromé et en forme de T.

La Bellagio est élégante et agressive, noire et chromée, compacte et gracieuse. Il semble que la dualité est ce qui définit le mieux le concept de cette moto. Unique et différente.

Son moteur est un classique connu de tous : une configuration transversale en V à 90°, familière de la marque, mais revue récemment, dans laquelle l’électronique et la norme Euro 3 règne. Ce moteur compte 935,6 cc. Son ronronnement plaira aux adeptes des produits Moto Guzzi. A l’arrêt, son couple la fait vibrer intensément, comme si elle nous demandait d’enlever la béquille et d’appuyer sur le levier du changement avec la botte gauche. Le son rauque invite à se lancer dans le monde de la custom avec élégance et puissance.

Les échappements sont responsables de ce son : deux collecteurs sortent de ses cylindres et passent sous le carter de la moto pour se retrouver avec les silencieux sur le coté gauche. Ainsi le côté droit de la moto souligne le robuste et harmonieux cardan, d’une configuration nouvelle. Il s’appelle CARC (cardan réactif compact), il est beau et silencieux, et fournit avec souplesse de la puissance à la roue avant. On trouve aussi un mono bras oscillant à articulation progressive et un amortisseur réglable depuis la partie gauche de la moto par un bouton actionnable à la main.

Le reste de la partie cycle forme un cadre à structure tubulaire et double berceau, un classique chez Moto Guzzi qui nous rappelle beaucoup la California ou la Nevada. La robuste fourche avant, de 45 mm de diamètre et réglable, est signée Marzocchi. Le train avant est surmonté d’un guidon de type drag bar. Les commandes de la poignée sont correctes mais austères. On note que le tableau de bord est italien par son style remarquable. Les élégants rétroviseurs, chromés et de forme ovale, ne vibrent pas et apportent un style particulier. Le phare est peint comme la carrosserie et est soutenu par les platines d’ancrage latérales. Les feux de croisement, chromés eux aussi, comportent une tulipe transparente et permettent une grande visibilité en marche. Les poignées, un peu fines pour une custom, sont caractéristiques d’une sportive, et les manettes réglables sont chromées. Le feu arrière, discrètement situé sur l’aile arrière, est parfaitement adapté à la moto. Les belles jantes sont en aluminium, et les rayons en acier.

Elles lui apportent un léger air rétro. Ils portent la mention «Takasago EXCEK Rim», dans une typographie soignée rouge. Les freins Brembo mordent des doubles disques avant (320 mm) et sont à quatre pistons opposés. Derrière, le disque est de 282 mm avec un étrier flottant à deux pistons opposés. Les généreux pneumatiques sont des Metzeler Roadtec Z6, 180/55/17 à l’arrière et des 120/70/18 sur la direction. La carrosserie noire mat apporte un style un peu tapageur à cette moto harmonieuse.

Elle est fabriquée avec un plastique décevant, un matériau peu judicieux pour une moto aussi robuste. Le réservoir, avec sa forme large et plate et son bouchon chromé, est similaire à celui que nous trouvons sur la précédente California, et lui donne une touche familière. En marche, la Bellagio apporte une position de conduite très confortable, avec sa selle rembourrée; le guidon s’attrape facilement, et les pieds sont un peu en arrière. Les repose-pieds du conducteur sont bien adaptés, et la position de conduite n’est pas forcée, même si ceux du passagers sont un peu hauts, ce qui l’oblige à lever les genoux. Sa selle est large mais courte, et un peu molle.

Au début, le grand couple moteur n’exige pas de changer les vitesses rapidement. La précision du changement et la transmission linéaire du cardan nous permettent d’avoir une conduite plus sportive que ce qu’on espérait. Le guidon aide à faire entrer la Bellagio dans les virages, même si on peut difficilement la pousser sur les routes locales très sinueuses. Nous parcourrons les versants en pente du splendide promontoire jusqu’à Piano Rancio, et nous redescendons ensuite jusqu’au point de départ. Les 75 chevaux de la Bellagio apportent la puissance nécessaire pour rouler de façon détendue. Les freins montrent leur capacité à forcer la moto à s’arrêter à un moment précis. Les pneumatiques y contribuent également, même si une grande partie du revêtement environnant le bourg fortifié d’origine romaine est mouillé.

Nacho Mahou Photos: Moto Guzzi y N.R. Traduit et adapté par Gaela Le Janne