Moto Guzzi Stelvio 1200, une big trail très intéressante

Moto Guzzi Stelvio 1200, une big trail très intéressante

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La Stelvio est une intéressante trail de grande cylindré qui transmet les sensations caractéristiques des motos italiennes construites dans l’usine de Moto Guzzi…

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De deux à quatre

Le moteur est dérivé de la dernière évolution du fameux V90° de Moto Guzzi ; c’est-à-dire le quattrovalvole, avec la gestion électronique révisée et la distribution et le système de refroidissement optimisés. Désormais, la Stelvio a un répondant plus propre et plus précis à l’ouverture de la poignée de gaz. Avec l’incorporation du moteur à quatre soupapes par cylindre, on obtient 20% puissance supplémentaire sur toute sa gamme et 105 CV à 7250 tr/min, avec un couple moteur de 113 Nm à 5 800 tr/min, très progressif. Son embrayage monodisque est un peu dur et le changement est précis mais bruyant, surtout au moment d’engager la première vitesse.

La position de conduite est confortable et la selle, un peu molle, est réglable sur deux hauteurs (820 ou 840 mm). L’énorme réservoir de carburant de la nouvelle Stelvio peut contenir 32 litres de carburant ; c’est-à-dire seulement un litre de moins que la version Adventure de BMW, considérée comme la référence parmi les amateurs des grandes distances. Le tableau de bord est très visible et en plus d’une information très complète, il indique l’activation du contrôle de traction et la consommation instantanée. On apprécie la possibilité de pouvoir régler le pare-brise à la hauteur désirée, même si on ne peut pas le faire électriquement comme sur la Norge. Cependant, avec un peu pratique, il est facile de le monter ou de le baisser en marche. Le petit ordinateur de bord nous permet de contrôler la consommation et la distance que nous pouvons parcourir en fonction du carburant disponible. Nous avons obtenu une autonomie de 430 km, ce qui nous donne une consommation moyenne de 7,2 litres aux 100 km. Un très bon argument pour les amateurs de grandes distances. Il faut savoir cependant que la consommation instantanée indiquée sur l’ordinateur est légèrement optimiste, puisqu’elle marque un litre de moins aux 100 km que la consommation réelle.

Divertissante

Pour pouvoir profiter d’une Moto Guzzi il faut, selon moi, une certaine expérience. Les pilotes novices nécessiteront un peu de temps ou quelques kilomètres d’adaptation pour s’habituer au répondant du bicylindre italien et à son classique mouvement latéral au début de l’accélération. Mais, une fois habitué, vous découvrirez une moto très maniable et divertissante. Malgré ses 280 kg, elle se conduit assez facilement entre les virages et elle n’oppose aucune résistance, même dans l’entrée de virages très serrés en seconde vitesse. La fourche, au parcours large, travaille bien, même dans les freinages violents. Grâce au pneumatique arrière de 150 mm de large, on a gagné en maniabilité surtout dans les changements de direction, où la largeur du guidon facilite la conduite.

La fourche Marzocchi, réglable sur trois niveaux et équipée de barres de 45 mm de diamètre, fournit à la Stelvio un feeling plus sportif que ce que renvoie son image. A l’arrière, le ressort de l’amortisseur Sachs a été durci ; le réglage, très simple, se fait grâce à un bouton. C’est un aspect pratique à prendre en compte, surtout lorsque l’on voyage avec le surpoids du passager et du chargement. Il faut souligner que la place du passager est un peu juste et que la petite selle est très molle. Le répondant du moteur est brillant à moyen et bas régimes, et les néophytes seront surpris par sa capacité de récupération : on peut commencer à accélérer en cinquième vitesse à partir de 2 000 tr/min, sans que le bicylindre en V à 90° ne se décompose ou ne se mette à tousser… Il monte dans les tours facilement, il est très plein à moyen régime et on ressent quelques vibrations dans les mains. Même si la dernière partie de sa gamme est un peu plus excitante, l’allumage se coupe aux alentours de 8 000 tr/min, ce qui sera insuffisant pour certains pilotes. L’enchantement de la Stelvio ne se trouve pas dans la partie haute du compte-tour, mais dans son brillant répondant à moyen régime et dans les bonnes sensations transmises par son cadre et ses suspensions, ainsi que dans son grand confort sur les longues distances.

Bien équipée

En plus d’une esthétique plus moderne que celle de la version précédente, avec un frontal retravaillé et son énorme réservoir de carburant, il faut souligner que la nouvelle Stelvio est disponible en série avec un système de freinage avec ABS et un simple contrôle de traction nommé ATC. L’ABS, signé par Continental, est peu intrusif. Cependant, comme le contrôle de traction hérité d’Aprilia, il apporte une plus grande sécurité, surtout avec des conditions météorologiques défavorables ou sur des sols très glissants. L’ABS peut se déconnecter, ce qui est appréciable. Malgré un guidon extraordinairement large, il est peu conseillé de rouler sur les pistes, à cause de son poids et de son volume. Le freinage avant est puissant, mais la première partie du parcours de la manette réglable est peu efficace ; à partir de mi-parcours, le freinage est vraiment plus ferme. Avec une partie cycle très solide, des suspensions qui s’adaptent bien au caractère de la Stelvio et des Pirelli Scorpion à la carcasse renforcée, cette énorme et lourde trail se comporte très dignement. Elle vous permettra de rouler vite et à un bon rythme, jusqu’à ce que les protections des pédales vous rappellent que tout à une limite… La Stelvio s’est donc bien améliorée avec cette nouvelle version : le répondant de son fameux bicylindre est meilleur et son autonomie dépasse les 400 km. La Stelvio est une trail bien équipée, qui bénéficie des atouts des grandes tourismes et des sensations caractéristiques des motos de Mandello del Lario.