Kawasaki W 800: Le charme des années soixante

Kawasaki W 800: Le charme des années soixante

pub-haut

Kawasaki se lance dans la mode des motos inspirées des années soixante, comme les fabricants européens tel que Triumph, ou Moto Guzzi. Ces marques remettent au goût du jour des modèles rétro.

pub-haut

La W 800 est une belle révision de la W 650 qui a été commercialisée en 2000. Elle présente quelques nouveautés par rapport à ce modèle qui a révolutionné le Salon de Munich de 1998…

C’est une moto très attractive. Il est surprenant que le logo de Kawasaki n’apparaisse pas sur le réservoir de carburant, comme sur la W 650. Le nom de Kawasaki est uniquement visible sur la selle.

En effet c’est un plaisir de la conduire, et un plaisir de l’observer en détail et de profiter de l’histoire de cette moto inspirée des motos anglaises de la fin des années 50. C’était une autre époque avec une saveur différente, des taches d’huile, des changements bruyants et des freins à tambours.

La version 2011a gardé cette esthétique. La nouvelle W 800 fonctionne comme une horloge, ses commandes sont souples, elle ne pollue pas, elle comprend une injection électronique camouflée et un frein à disque qui freine mieux que les tambours des années soixante, sans avoir la puissance d’un disque d’aujourd’hui.

Le charme de la W 800 réside dans la fidélité de Kawasaki à un look, un bon goût, une simplicité et un raffinement.

Elle semble sortie d’une autre époque, et même les pneumatiques Dunlop respectent le dessin de ceux utilisés il y a 50 ans… Divers composants comme le réservoir de carburant avec les gommes protège-genoux sur les côtés, les échappements, les garde-boues chromés, les jantes à rayons, les horloges, les phares arrondis avec le contour chromé, la fourche ou l’inimitable design du twin parallèle refroidi par air, font de la W 800 une heureuse reproduction d’une esthétique inoubliable.

Par rapport à la version importée par Derbi Nacional Motor, la cylindré au twin vertical a été augmenté jusqu’à atteindre 773 cc (77 x 83 mm). On a conservé son aspect extérieur : le refroidissement par air, la culasse avec un simple arbre à cames et les quatre soupapes. Avec les tampons des bielles trempés à 360° et les pistons qui montent et descendent en même temps, le tact du moteur dans les bas régimes est très agréable et souple. Il ne monte pas vite dans les tours, mais on ressent chacun des pistons, ce qui lui confère un tact très agréable. Avec son levier de vitesse à long parcours, la W 800 doit se conduire avec douceur, en rythmant tranquillement les mouvements embrayage-changement-embrayage-gaz… Comme on le faisait avant. Tout rappelle le passé.

La première sensation que j’ai eu en m’asseyant sur la W 800, c’est que c’est une moto basse, avec une selle dure. Par sa légèreté et son rayon de tour généreux, il est facile et pratique de manœuvrer assis sur la selle, ou monter et descendre les trottoirs. La vue d’ensemble depuis le poste de commandes est agréable, on a une bonne sensation de contrôle. Le tableau de bord est un peu limité, mais le design des horloges est plaisant, grâce à l’affichage digital dans la sphère, qui lui donnent une touche moderne… Les rétroviseurs offrent une bonne visibilité.

Le moteur monte dans les tours avec calme, et aux alentours de 120 km/h il tourne à 4500 tr/min. Au delà les vibrations augmentent légèrement, et il n’est pas nécessaire de monter au dessus de 6000 tours pour profiter de son caractère souple et détendu. Le tact de l’embrayage est très souple. Le levier de changement a un parcours trop long, mais ce n’est pas un problème car sur cette moto on ne cherche pas à enchaîner les vitesses à la recherche du meilleur temps au chrono…

Dans les virages, l’agilité de la W 800 est agréable et elle tourne facilement. Les suspensions sont un peu justes et le freinage limité, surtout le disque avant. Pour les pilotes habitués aux moteurs d’aujourd’hui, il faudra s’habituer à sa faible puissance, et anticiper le freinage avant d’entrer dans les virages. L’esthétique de cette W 800 a perdu un peu de son authenticité, à cause de son montage de disque peu efficace…
Les suspensions sont molles, confortables en ville, mais limitées sur routes secondaires. Malgré la faible hauteur de la moto, les pédales ne touchent pas l’asphalte, ce qui ne restreint pas la conduite.

Ce n’est pas une moto à la conduite agressive ni sportive. Elle est idéale pour se déplacer en ville et faire quelques petites excursions à la recherche de paysages, d’air pur, de coins solitaires. Avec une consommation qui en fonction de son utilisation oscille entre 5,5 et 6,5 litres aux 100 km, je ne pense pas que l’on puisse faire plus de 200 km d’une seule traite sur cette moto…C’est une moto agréable avec un charme propre à une autre époque, plus détendue, et sûrement plus authentique.

Traduit et adapté de SOLOMOTO par Pauline Balluais