KTM 690 Supermoto: Mono révolution

KTM 690 Supermoto: Mono révolution

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Il est agréable de voir que, parmi les nombreuses motos qui nous passent entre les mains, certaines arrivent encore à nous surprendre. La Supermoto 690 de KTM a étonné la moitié de la rédaction (depuis le chef, qui roule régulièrement en scooter, jusqu’aux ex sprinters), et on l’admire pour différentes raisons. Son moteur monocylindrique élastique et puissant démontre un important pas en avant quant à son efficacité et son tact par rapport aux moteurs de sa génération.

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La partie cycle combine une facilité de conduite extraordinaire avec une rigidité dans les virages rapides ; la sensation de contrôle et le plaisir qu’elle apporte avec seulement 167 kilos en marche et ses 64 cv sont telles qu’elles invitent à reconsidérer très sérieusement les performances et les sensations que transmettent des motos de plus grande cylindré. Concernant son esthétique, les avis sont partagés. Personnellement, elle me plaît beaucoup. Elle est risquée, mais ce que j’appelle la loi de la rue, qui n’est rien d’autre que les commentaires improvisés des conducteurs, a rendu un verdict positif, même si certains ont eu du mal à s’adapter à l’image de cette explosive Supermoto.

Je suis un partisan des monocylindres de 4T de plus de 600 cc, et j’ai eu de nombreuses monos, quelques racing, avec lesquelles j’ai disputé des courses du Sounf of Singles, des rallyes sur asphalte, des enduros et même des raids. Je vous assure que j’ai testé toutes les monocylindrés de 4T de ces 18 dernières années et je pense être en droit d’affirmer que cette Supermoto de KTM apporte un nouveau style de monocylindré de 4T, comparable à celui d’autres phénomènes comme l’ont été à leur époque la Yamaha XT ou la Honda Dominator.

La différence est que la mono révolution de KTM est arrivée avec la technologie de la marque autrichienne de 2007, fruit de son expérience, de son travail et bien sûr de son investissement. Je ne vais pas m’étendre sur les nouveautés techniques de cette Supermoto 690, mais il me semble important de rappeler que cette Supermoto est totalement neuve à tous les niveaux et que ni le moteur ni la partie cycle a hérité des composants des modèles antérieurs. J’ai découvert la Supermoto à travers de l’utilisation que je lui donnerais si elle m’appartenait… C’est-à-dire urbaine avec quelques escapades à la Rabassada et à Vallvidrera pour oublier la grande ville, une petite dose d’autoroute, et enfin des routes sinueuses aux nombreux virages, sur lesquelles cette légère moto m’a montré ses meilleurs atouts.

La première sensation que m’a donné la Supermoto est son extraordinaire légèreté. Pour comparer, une BMW GS 650 pèse en marche 34 kilos de plus que cette Supermoto ; à sec, l’Aprilia Pegaso Strada est 27 kilos plus lourde et la Yamaha XT 660 fait 20 kilos de plus (mais avec 20 cc de moins et un prix ajusté de 1400 euros, en dessous de la nouvelle KTM). Quant à sa puissance, avec ses 64 cv, la Supermoto est au dessus de n’importe quelle autre mono, même en considérant la dernière et brillante génération de BMW : la G 650 Xmoto a donné sur notre banc d’essai 53 cv de puissance, c’est-à-dire 9 de moins que la KTM.

En marge des chiffres révélateurs extraits de notre département d’essais, il y a un point qui nous paraît clair : le nouveau moteur de KTM est simplement exceptionnel. Le répondant obtenu grâce à l’Electronic Power Throttle est souple et à la fois efficace. Entre 3500 et 6000 tr/min il est agréable, puissant et continu. En roulant à ce régime sur routes sinueuses, la Supermoto répond avec progressivité et monte dans les tours avec une allégresse inhabituelle, tout cela combiné à un répondant depuis les bas régimes très propre, sans les à coups qui caractérisent la majorité des monos.

Le voyage depuis la partie basse du compte-tours jusqu’aux 8500 révolutions est une expérience complètement nouvelle parmi les monocylindrés. Les vibrations ne notent seulement de façon spéciale dans les mains lorsqu’on voyage sur autoroute à environ 150 km/h. Autre aspect qui nous a plu: le frein moteur, grâce à un système d’embrayage anti-rebond, est linéaire et agréable même avec une conduite sportive. Je ne suis pas un expert en Supermotard, mais je vous assure que la roue avant ne rebondit pas, même si on réduit violemment la vitesse et qu’on plante le frein arrière pour entrer dans un virage…

Le cadre la Supermoto se démarque de tous les autres châssis que nous avons pu voir sur une trail ou une supermotard. Il suffit de l’observer pour nous rendre compte que la structure tubulaire est assez caractéristique d’une Ducati de route ou d’une des multitubulaires dessinées par l’inoubliable Antonio Cobas. Sur routes sinueuses, les changements de direction de cette légère Supermoto se font avec une facilité encore jamais vu jusqu’à maintenant. Et je n’exagère pas. Elle a la sensibilité propre à une moto de route et au premier mouvement elle entre dans les virages avec une aisance stupéfiante.

De plus, son entrée en courbe est d’une précision incomparable et la roue avant transmet une grande sécurité. Quand je suis allé sur l’une de mes routes sinueuses préférées, sur laquelle j’ai beaucoup de point de référence, j’ai commis quelques erreurs au début sur le freinage car la légèreté de l’ensemble et le puissant freinage du disque avant m’ont permis de freiner beaucoup plus loin que ce que j’imaginais. Sa géométrie est assez radicale, et le transfert de poids est notable. Cependant la Supermoto ne se décompose pas dans les freinages, et je suis convaincu qu’entre de bonnes mains, avec les suspensions bien réglées et des pneumatiques de route, elle sera une arme terriblement efficace. Il est difficile de trouver la limite des pneumatiques d’origine. Au moment d’ouvrir les gaz avec agressivité, la roue avant a tendance à se déplacer un peu, mais à aucun moment on a une sensation de perte de contrôle. Sur autoroute, le train avant ne lambine pas, comme on pourrait s’y attendre avec une moto de ce type.

Sans la pression excessive de l’État, on pourrait voyager sur la Supermoto à un rythme de 150 km/h sans aucun problème, avec un développement un peu long qui permet une consommation raisonnable. Nous notons uniquement un manque d’espace pour ranger les bagages. La Supermoto oblige à réfléchir au type de moto dont nous avons besoin. Sur routes sinueuses elle est plus agréable qu’une supersport, surtout dans des mains expertes. Avec cette KTM, la sensation de contrôle est totale, et ceux qui veulent exprimer ses possibilités au maximum découvriront une moto avec un tact moteur et une partie cycle exceptionnels, en plus de l’une des plus brillantes relation poids-puissance de ces dernières années. Il s’agit d’une moto adaptée à une utilisation quotidienne, avec une hauteur de selle raisonnable, qui surprendra agréablement sur route ouverte.

La Supermoto 690 a débarqué sur le marché à un prix plus raisonnable que celui des monocylindrés de dernière génération, mais au dessus des modèles à succès comme la XT de Yamaha. Avec sa relation poids-puissance surprenante et son fonctionnement dynamique, elle obligera les adeptes de cylindré moyenne à se poser sérieusement la question d’adhérer à la mono révolution.

Álex Medina Photos: Xavier Pladellorens Traduit et adapté par Pauline Balluais