Triumph Rocket III Roadster: Mr. T

Triumph Rocket III Roadster: Mr. T

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Un grand nombre d’entre vous, sinon tous, se rappelle de la mythique série américaine «L’agence tous risques», dans laquelle l’un de ses protagonistes principal, Barracuda, était interprété par l’acteur Mr T., un type dur et énorme, chargé de grosses chaînes, de ceux qui impressionnent en donnant des coups poings. Cette version revisitée de la plus impressionnante des Triumph est spécialement conçue pour un public qui aime les grandes motos, extraordinaires et prétentieuses. C’est la moto qui irait parfaitement à Mr T.

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Il faut reconnaître que la famille Rocket a toujours évolué en mieux. Depuis la Rocket III d’origine on est passé à la Classic, avec un style cruiser très marqué, puis à la spectaculaire Tourer, une custom touring pour les longs trajets. La marque a décidé de faire un changement radical en 2012 et elle a seulement conservé dans son catalogue ses deux derniers modèles, la Tourer et la récente Roadster.

On a clairement misé sur un style plus musclé et moins custom, et cela signifie le remplacement de nombreux éléments chromés par des composants de couleur noire. Ses échappements plus grands et un répondant de son moteur encore plus tranchant lui donnent cette touche encore plus rebelle qui se démarque totalement de la concurrence. La Roadster est uniquement commercialisée en deux couleurs, noir brillant ou mat, laissant la couleur chromée seulement sur les échappements et certaines pièces. Les jantes suivent les deux styles, avec la partie centrale noire et la partie extérieure polie, laissant visible l’aluminium, ce qui lui donne une touche très élégante.

Les roues sont énormes et laissent deviner ce que la Rocket III est capable de faire: un pneumatique de 150/80 x 17 à l’avant, et à l’arrière une roue démesurée de 240/50, avec une jante de 16 pouces. L’agilité de la Roadster est conditionnée par la taille de ces roues, qui associées au poids à vide de 370 kg, limitent beaucoup ses mouvements, surtout à l’arrêt. Pour déplacer la Rocket, il n’est pas nécessaire d’avoir les muscles de Mr T, mais il faut être en forme pour pouvoir la manœuvrer. En marche, c’est différent, le poids ne se note pas autant.

Grâce à l’efficace couple moteur qu’offre la moto, on peut bien la contrôler dès le démarrage et la déplacer plus facilement. Le grand guidon aide aussi beaucoup à contrôler la direction, et les inerties du moteur ne représentent pas trop de problèmes de conduite. Ce n’est pas une moto facile ni adaptée à tous. Il est recommandable d’avoir un peu de pratique sur des grandes motos lourdes avant de tester celle-ci. Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme muscle bike.

La star incontestable de la Rocket a toujours été son impressionnant moteur à trois cylindres en ligne de pas moins de 2300 cc. La Roadster dévoile de nouveaux réglages dans l’injection qui font augmenter la puissance maximale jusqu’à 150 CV et le couple moteur d’environ 15 %, pour atteindre le nombre de 22,85 kgm ! C’est de loin le moteur le plus puissant qu’on ait essayé. La sensation d’accélération est même supérieure à celle de la Yamaha V-Max et ses 200 CV.

En plus de la poussée de puissance, le tact de l’accélérateur est très bon, et il répond d’une façon réellement puissante à la moindre impulsion. Le cardan transmet très fidèlement la puissance à la roue avant. Le changement est à cinq vitesses, une sixième n’est pas indispensable, puisque l’élasticité qu’offre le tricylindrique est plus que suffisante pour tout type d’utilisation, qu’elle soit touristique, ou sur route sinueuse. La moto surprend agréablement sur les routes rapides, où son excellente stabilité permet d’ouvrir les gaz et se sentir catapulté vers l’avant.

Lorsque l’on démarre sur un asphalte froid ou de qualité moyenne, le glissement du pneumatique est inévitable, mais il dérape de façon contrôlée, grâce à sa grande largeur. La position de la selle, plus avancée et plus basse, permet un meilleur contrôle général de la Roadster. La position des jambes n’est pas aussi étirée que sur les précédentes Rocket et les pédales sont situées beaucoup plus haut. Les énormes échappements côte à côte sont eux aussi placés assez élevés pour ne pas limiter l’angle d’inclinaison.

Ce qui surprend le plus sur cette Triumph c’est le son guttural émis par les silencieux lorsque le moteur monte dans les tours. Même en coupant les gaz, ils offrent un grondement grave et réjouissant.

Autre nouveauté de la Rocket III Roadster : un sophistiqué système de freinage anti-blocage. C’est la première fois qu’un modèle de la famille Rocket III est équipé d’un système ABS. Les deux étriers à quatre pistons mordent des disques flottants de 320 mm, qui fournissent la puissance nécessaire pour arrêter le poids important de l’ensemble. Le frein arrière a été développé par Brembo, et il est composé d’un étrier à deux pistons et d’un disque de 316 mm, qui contribuent beaucoup à une conduite détendue, avec ou sans passager.

Le tableau de bord, nouveau lui aussi, se compose de deux horloges analogiques de style classique, avec un écran digital qui nous informe des kilomètres qu’il reste avant de faire le plein, ainsi que le niveau de carburant et la vitesse engagée. Le tableau de bord est très bien positionné derrière la nouvelle bulle pare-brise qui est montée en série sur la nouvelle Rocket. La protection aérodynamique n’est pas son point fort, mais grâce au grand réservoir de carburant, à la nouvelle position de la selle et à la taille générale de la moto, l’air ne gêne pas trop le conducteur.

Ce n’est pas la moto idéale pour voyager, mais sa position de conduite correcte et surtout la finesse de fonctionnement de son moteur font de la Roadster un engin capable de nous faire aimer les kilomètres. La nouvelle Rocket III Roadster est une moto qui ne laisse pas indifférent. Son esthétique n’est pas du goût de tout le monde, et elle n’est pas adaptée à tous les utilisateurs. Cependant avec son énorme moteur tricylindrique et son tact brutal, elle reste la moto à la plus forte personnalité et attractivité parmi les muscle bikes du marché actuel.

Edu Fernández Fotos: Santi Díaz/Juan Pablo Acevedo